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    November 08

    Lei Du Faur & du Faur de Pibrac en Orleanés — 4. (les Du Faur et Du Faur de Pibrac en Orléanais)

        

    Les Du Faur à Cormont

         En 1669, lorsque François du Faur devient le parrain de la nouvelle cloche [1] de l’église de Boismorand (voir ci-dessous, à la date du 29 aout : « Una glèisa qu’a per patron un evèsque de Cavalhon »…) il y a déjà 17 ans que le cimetière protestant de Cormont a cessé d’être ce que l’historien Paul Gache appelle le Saint-Denis des Du Faur et que Louis Sorcet, curé de Boismorand de 1646 à 1664, mentionne pudiquement dans ses registres sous l’appellation de « petit cimetière », le « grand », le vrai, le cimetière catholique pour tout dire, étant celui du bourg, situé à quelques pas de l’église paroissiale.

         Les archives religieuses locales nous en disent cependant un peu plus sur l’identité des défunts admis au cimetière de Cormont entre 1621 et 1652, date qu’il est réaliste de considérer comme mettant un terme à ce schisme funéraire local. Ainsi, le 28 avril 1633, Henry du Faur, écuyer, sieur de Marcault, meurt de peripneumonie en sa maison du Verger, forêt d’Orléans [2] et est enterré le lendemain même en la maison de M. de Cormont, son frère. Deux ans et demi plus tard, le 31 octobre 1635, meurt de longue langueur à Gien, au faubourg de la Génabie, François du Faur, écuyer, seigneur de Marcault, gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi, et, nous dit-on, a esté son corps porté à Cormont en la maison de M. son frère pour y estre enterré, au lieu de la sépulture de la dicte maison, selon qu’il l’avoit requis.

         Le 18 aout 1638, Marie Stample, femme d’Henry du Faur, seigneur de Marcault, meurt au cours de son accouchement et est inhumée à Cormont. Elle était d’origine écossaise et appartenait à une famille protestante du Giennois [3]. Le 12 avril 1652, Henry Du Faur est massacré avec une petite troupe en se portant à la rencontre des mercenaires de Condé livrés à eux-mêmes et qui sèment la terreur et la désolation dans toute la région. Telle est, en tout cas, la version que défend Paul Gache dans ses Repères dans le passé de Boismorand [4]. Pour les archives protestantes de Gien, ledit Henry du Faur, sieur de Marcault, serait mort le 13 avril de flux sur la poitrine avec fiebvre maligne et aurait été enterré à Cormont le lendemain. Son père ne lui survivra que de peu : deux mois plus tard, nous disent ces mêmes archives protestantes, Messire Jean-Pierre Du Faur, escuyer, sieur de Cormont [est] décédé en sa maison de fiebvre maligne [5] le 15e juin [et a été] enterré à Cormont.

         Quelques années plus tôt, le receveur (c’est-à-dire le régisseur des domaines) des Du Faur, Danjou, y avait fait ensevelir lui aussi ses deux enfants comme l’indique l’inscription figurant sur la dalle funéraire qui se trouve désormais dans l’église communale [6]. Les Danjou étaient apparentés aux Du Faur et comme eux (ou plutôt comme certains d’entre eux) protestants. Mais en 1643, Gaspard IV de Coligny, le deuxième fils du maréchal de Châtillon, a abjuré [7]. Les Danjou ne tarderont pas à le faire à leur tour. D’où le cadran solaire qui orne le mur de l’église de Boismorand et porte pour inscription : IACQVES DANIOV 1645. En 1643, pourtant, c’est encore au temple qu’est baptisé Jean, le fils d’Henry Du Faur, seigneur de Marcault, dont la marraine n’est autre que Marguerite de Goulard, la femme de Jean-Jacques Du Faur, le seigneur de… Cormont. Mais en 1646, Jacqueline Peigné, veufve de feu noble homme Guy Du Faur (qu’elle avait épousé en 1640) est marraine pour un baptême — évidemment catholique — en la paroisse de Saint-Laurent de Gien.

         

    (à suivre)

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    [1] Voir photos > lei dessenhs de Poyyât >> cloche Anne

    [2] Dans la paroisse du Moulinet-sur-Solin, au nord de Gien, sur la route menant à Lorris.

    [3] le 17 prairial an X un certain Etienne Tourniol La Rode épousait (ou plutôt réépousait) à Gien Catherine Jeanne Stemple (née à Gien le 24-9-1765). Les mariés déclaraient avoir été contraints par l'empir (sic) des circonstances (en l'occurence l'émigration du marié) et ils persistaient en conséquence dans leur première union. Deux autres membres de la famille Stemple assistaient à cette cérémonie : François, l'aîné, et Louis, signant Stemple-le-Jeune. Un Augustin Stemple sera, en l'an XIII, maire-adjoint dans cette même commune (Arch. de la Ville de Gien).

    [4] Boismorand sur les chemins de l'Histoire (Cercle historique de Boismorand, 1997, pp. 56-57).

    [5] Les causes de décès sont des plus variables. On meurt soit de peste, de contagion, de longue langueur ou d'une longue maladie; ou bien encore de fièvre continue ou maligne, de fluxion de poitrine, voire tout prosaïquement… de vieillesse ! En quelques occasions, on précise même les circonstances dans lesquelles la mort est survenue, comme par exemple pour Rachel Roy, veuve de Comperat, qui est tombée dans la rouelle de son lit en voulant se lever pour quelque nécessité ou, pour un certain Despée tué [le 5 avril 1652] dans sa vigne, d'un coup de fuzil, par un meschant soldat, pendant que le Roy [Louis XIV] estoit à Gien.

    [6] CI GIST MARIE DANIOV FILLE DHO(NORA)BLE HOM(M)E DANIOV R(ECEVEVR) DE LA T(ERRE) DE CORMONT QVI DECEDA LE 18E MARS 1643 AAGEE DE 2 ANS • CI GIST AVSSI CATHERINE DANIOV QVI DECEDA LE 10E IOVR DE AVRIL 1648 AAGEE DE 3 ANS XI IOVRS REQVIESCAT IN PACE.

    [7] A. Bertero : Les 330 ans de la cloche Anne suivi de Boismorand-Les Choux : une querelle de clochers sous Louis-Philippe (Cercle hist. de Boismorand, 1999).

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    October 11

    Lei Du Faur & Du Faur de Pibrac en Orleanés — 2.

    Le château de Cormont

    Des Templiers au Front populaire

     

    C’est vers la fin du seizième siècle que cette famille, l’une des plus considérables de la noblesse de robe toulousaine, vient se fixer en Orléanais. Le patronyme se présente à l’origine sous la forme deu Faur qui est propre au gascon, un parler occitan dans lequel deu est notre article contracté du, et faur le nom du forgeron (fabre en provençal, fèvre en vieux français). C’est l’équivalent exact des Lefèvre, Lefébure et autres Favre des domaines de langue d’oïl ou du franco-provençal. C’est ainsi que nous trouvons dans le testament de Madeleine de France, princesse de Viane, daté du 24 août 1493, mention d’un Gracian deu Faur, thesaurer (Gratian du Faur, trésorier) et, en 1516, dans le testament de Jean d’Albret, roi de Navarre, un Pees deu Faur, notari apostilic (Pierre du Faur, notaire apostolique) qui signe de son nom latinisé : P. de Fabro  [1]

    Dans les actes d'état civil, et pour ce qui est de l'Orléanais plus particulièrement, le nom est orthographié du Faur, Dufaur, Dufaure, Dufour, voire Dufort. Le dernier seigneur de Cormont, Daniel du Faur de Pibrac, l'écrivait Dufaur — en un seul mot — et signait de même. Sa femme, Angélique d'Hallot, signait : d'hallot-dufaur.

    Pibrac est le nom d’une localité située à quelques kilomètres de Toulouse. C’est à la fois l’un des berceaux de la branche des du Faur installés en Orléanais, la patrie du juriste et poète Guy du Faur, plus connu sous le nom de Pibrac, et celle de Germaine Cousin, la “petite bergère de Pibrac”. La commune compte aujourd’hui (en 2007) un millier d’habitants et sa superficie est équivalente à celle de Boismorand, commune du département du Loiret où se trouve le château de Cormont, ancienne possession des Du Faur.

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    On ignore les raisons exactes pour lesquelles les du Faur émigrèrent en Orléanais, ni à quelle date précise. On peut toutefois s’en faire une idée à partir de quelques données généalogiques ou d’évènements parfaitement identifiés dans le temps. Dans son Grand dictionnaire historique [2] Louis Moréri fait état d’un Louis du Faur, seigneur de Glatteins, conseiller au grand Conseil, puis au Parlement de Paris en 1555. Il figure d’ailleurs parmi les signataires de l’édit de Bergerac, en septembre 1577, en tant que chancelier du roi de Navarre, au côté d’Henry et Louis de Bourbon, ainsi que d’un autre Dufaur, celui-ci sans indication de prénom, de titre ou d’origine. On sait par ailleurs qu’en 1562, alors que l’armée royale venant de Bourges pour se rendre à Rouen va passer la Loire à Gien, un Jean du Faur dénonce les habitants de Châtillon-sur-Loire comme calvinistes et rebelles à l’autorité royale.[3]

    Ce Jean du Faur, dit le Jeune, nous intéresse à plusieurs titres. D’abord parce qu’il a, en quelque sorte, un pied en Armagnac — en tant que seigneur de Sainte-Christie-les-Nogaro — et l’autre en Orléanais, avec la seigneurie de Courcelles-le-Roi, à Beaulieu-sur-Loire, qu’il acquiert en partie en 1579, et en totalité en 1590 (en rachetant les droits de la veuve du vendeur ainsi que ceux du frère de ladite veuve) [4]. Gentilhomme ordinaire du duc d'Anjou, le frère d’Henri III, et capitaine de Marmande, il est en outre, en 1589, gouverneur de Jargeau, une ville que les du Faur considèreront pendant trente ans comme faisant partie de leur patrimoine (Paul Gache).

    Le dit Jean du Faur le Jeune épouse, en 1575, Catherine Mesnager, dame de Marcault, veuve de François Séguier, président aux enquêtes du Parlement de Toulouse. D’une famille giennoise protestante, elle est la fille d’un officier des Eaux et forêts. De leur descendance, on retiendra Guy, seigneur de la Sablonnière, à Bonny-sur-Loire; Jean-Pierre, auteur de la branche de Cormont, à Boismorand; François et Henri, l’un et l’autre seigneurs de Marcault, à Poilly-lez-Gien, gentilhommes de la Chambre du Roi, tous deux morts sans postérité. 



    [1] R. ANTHONY et H. COURTEAULT :  Les Testaments des derniers rois de Navarre, textes béarnais. Bibliothèque Méridionale, publiée sous les auspices de la Faculté des lettres de Toulouse. 2e série - Tome XXIX. Edouard Privat (Toulouse) et Henri Didier (Paris) 1940.

    [2] Louis MORÉRI : Le Grand dictionnaire historique, ou le Mélange curieux de l'histoire par Messire Moréri, prêtre, docteur en théologie. Nouvelle édition, tome V. A Paris, chez les Libraires associés. M.D.CC.LIX.

    [3] Les protestants châtillonnais (XVIe-XVIIIe s.) bulletin de l’association “Castellio” n° de sept. 1988.

    [4] Pierre PINSSEAU : La Châtellenie de Courcelles-le-Roy, Houzé Ed., Orléans, MDCCCCXXI.

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    Lei Du Faur e Du Faur de Pibrac en Orleanés — 3.

     Le château de Cormont

    Des Templiers au Front populaire (suite)


    Le troisième du Faur qui, à l’entame de cette seconde moitié du XVIe siècle, aborde nos rivages ligériens, est aussi le plus célèbre d’entre eux puisqu’il s’agit de Guy du Faur, plus connu sous le nom de Pibrac. Troisième fils de Pierre du Faur, président au Parlement de Toulouse, et cousin germain du précédent, Guy du Faur étudie le latin, le grec et le droit à Toulouse, Paris, puis à Padoue, et se fait une grande réputation au barreau du Parlement de Toulouse, dont il est élu juge-mage. Député aux états généraux d’Orléans en 1559, avocat général au parlement de Paris en 1565, il accompagne à Cracovie (en 1573) le duc d’Anjou, Henri de Valois, frère du roi Charles IX, qui vient d’être élu roi de Pologne. [5] C’est lui qui répond aux députés polonais venus accueillir leur nouveau roi par une harangue en latin qui fait forte impression sus lesdits députés.

    Malheureusement pour les Polonais, ce n’est qu’à contre-cœur que le duc d’Anjou s’est éloigné de Paris et dès qu’il apprend la mort du roi son frère, il regagne à toute bride la capitale pour se faire couronner roi de France sous le nom d’Henri III abandonnant, avec son éphémère et lointain royaume, un Pibrac exposé du coup à la colère indignée des Polonais.

    Homme de lettres, Pibrac est également connu comme auteur des fameux “Quatrains” qui portent son nom et qui, deux siècles plus tard, s’enseignaient toujours dans presque toutes les écoles du Royaume [6]. Ce sont ces quatrains dont le Gorgibus de Molière recommandait vivement la lecture à sa fille Célie, dans sa comédie “Sganarelle ou le cocu imaginaire” :

    Jetez-moi dans le feu tous ces méchants écrits,

    Qui gâtent tous les jours tant de jeunes esprits.

    Lisez-moi comme il faut, au lieu de ces sornettes,

    Les Quatrains de Pibrac, et les doctes Tablettes

    Du conseiller Matthieu, ouvrage de valeur,

    Et plein de beaux dictons à réciter par cœur.

    Pibrac participa en outre aux sessions terminales du Concile de Trente, où il soutint très-bien les intérêts de la couronne de France, nous dit Louis Moréri. Voulu par le pape Paul III, sous la pression de Charles-Quint, et mené à bonne fin sous Pie IV, ce concile — qui se tint en Italie entre 1545 et 1563 — avait pour objectif de revigorer l’Eglise catholique face à un protestantisme de plus en plus conquérant. S’il apporta des changements dans la doctrine de l’Église, l’architecture religieuse ou la pratique de la foi, il ne put ramener dans son giron ceux qui, à la suite de Luther et de Calvin, s’en étaient écartés.

    Dernière célébrité locale dont le souvenir a traversé les siècles, Germaine Cousin, la “petite bergère de Pibrac” morte en 1601 à l’âge de 22 ans, est l’objet chaque année d’un pélerinage qui rassemble sur les lieux où elle aurait vécu plusieurs milliers de pélerins. Si le commerce local en retire un bénéfice qui n’est pas à négliger, le site internet du Cercle généalogique de Pibrac croit néanmoins utile de préciser que toutes les biographies de Germaine Cousin s’appuient exclusivement sur la tradition orale et ne sont corroborées par aucun document écrit.

    Cette tradition rapporte que deux fossoyeurs creusant, devant l’autel, le sol de l’église pour une inhumation, y découvrirent le corps d’une jeune femme dans un parfait état de conservation. Inconnue du curé de Pibrac, elle est identifié par deux vieilles personnes comme étant Germaine Cousin, décédée quarante-quatre ans plus tôt. Elle sera béatifiée en 1854 par le pape Pie IX, puis canonisée en 1867 [7].

    Et comme l’histoire côtoie souvent la légende, quand elle ne s’en nourrit pas, on notera, simplement pour l’anecdote, que la naissance supposée de Germaine Cousin dans une petite métairie située à une demi-lieue de Pibrac fut précédée de quelques mois par la visite que rendirent à Guy du Faur, en son château, Catherine de Médicis, reine de France, et sa fille Marguerite de Valois, reine de Navarre. Nous étions en 1579 et les deux reines se rendaient à Nérac, avant de rejoindre Montauban… Depuis son mariage, tragiquement endeuillé par les massacres de la Saint-Barthélémy, la “reine Margot” était restée à Paris, semblant bouder ses sujets gascons. Du Bartas composa à cette occasion un poème dans lequel il mettait en compétition trois nymphes se disputant l’honneur d’accueillir — chacune dans sa langue — la souveraine : une nymphe latine, une nymphe française et une nymphe gasconne.

    Les deux premières pouvaient se prévaloir de brillants quartiers de noblesse; la troisième argua que ses ancêtres s’étaient plus souciés de conquérir la gloire par l’épée que par la plume, et que face à leur beauté toute d’affèterie et d’artifice, sa beauté à elle n’avait d’autre mère que la nature, la nature étant toujours plus belle que l’art :

    e ma beutat n’a punt d’auta mair que natura

    la natura tostemps es mès bèra que l’art.

    Ce que voyant, les deux autres nymphes se retirèrent de la compétition, la nymphe française concluant par ces mots : Escoutons donc sa voix barbarement diserte [8]. Mais s'ils consentirent à écouter cette voix barbarement diserte, ni Salluste du Bartas, ni Pibrac, ni Montaigne ne daignèrent l’illustrer, elle qui — depuis 1539 et l’édit de Villers-Cotterêts — ne pouvait plus être désormais la langue de l’ascension sociale.

    Interdite d’usage administratif, la langue d’oc reste néanmoins la seule langue parlée et comprise du peuple. C’est en béarnais que la Bible de Calvin est traduite en 1563, en gascon que Pey de Garros, magistrat et avocat général à la Cour souveraine de Béarn, à Pau, traduit 58 Psaumes que lui commande le Roi de Navarre. Pey de Garros était né vers 1525-1530 à Lectoure, dont un Pierre du Faur avait été évêque dans la première décennie du XVIe siècle, et comme l’avait été avant lui un Bernard du Faur, petit-fils de Jean du Faur, sénéchal d’Armagnac. C’est d’ailleurs d’un autre sénéchal d’Armagnac dont Pey de Garros sera nommé conseiller en 1557 par lettres d’Antoine de Bourbon et de Jeanne d’Albret.[9]

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    [5] Henry, par la grace de Dieu roy de France et de Poloigne, à tous presens et advenir, salut peut encore écrire Henri III dans un édit donné à Blois ou mois de decembre, l'an de grace mil cinq cens quatre vingtz, et de nostre regne le septiesme (http://elec.enc.sorbonne.fr/editsdepacification). [Dans cette phrase, ou, contraction de en le, n'a pas encore cédé la place à au. Le pluriel de ou était… ès].
    [6] DE LA CHENAYE-DESBOIS : Dictionnaire de la noblesse - Paris MDCCLXXIII.
    [7] Miqueu Camelat y fait référence dans son chef-d'œuvre Belina édité en 1962 par l'Institut d'Estudis Occitans :

    mainadeta vaduda aus perçans de Pibrac,
    qui tot lo dia èras en questa
    d'èrba tà l'aulha, com aquesta,

    T'avisès que'u trenquen soa vita a l'embrac,
    baisha los uelhs sus ta germana
    en l'ajudant, santa Germana !
    (Petite enfant qui naquis au terroir de Pibrac, qui tout le jour étais en quête d'herbe pour tes brebis, comme elle,
    vois-tu qu'on a brisé sa vie avant l'heure; baisse les yeux sur ta sœur, viens à son aide, Sainte Germaine !)

    (Cant III, La Mair). Note de l'éditeur : Pibrac, village natal de sainte Germaine, près de Toulouse. Il y avait aussi à la même époque, de petites bergères, en Orléanais, où Jean Du Faur, dit le Jeune, se porte acquéreur, en 1595, de l'héritage des Quicampoix à Langesse et Cormont.
    [8] Louis-Georges TIN (Conférence de --) : Prisonnier de sa langue, libre dans sa langue. Colloque international de Budapest.
    [9] André BERRY : Les églogues de Pey de Garros suivies du Chant nuptial — Bibliothèque méridionale. 1re série, tome XXIX - Toulouse, Edouard Privat, 1953.

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    September 14

    UN FAISAN SUS LO CAMIN — Rencontre avec un vénéré

    UN JORNAU Ò QUAUQUA REN QUE LI SEMBLÈSSE

    UN VENERAT SUS LO CAMIN D'ADON


         I passa pas fòrça veituras sus aqueu camin que, copant la Nacionala 7, va dau cementèri de Boismorand au vilatjon vesin d’Adon. I fasiáu d’a pè, esto matin, lei quauquei quilomètres jornadiers que demanda ma bòna santat cardiologica. Veniáu tot bèu just d’enregar a bèlei cambadas lo tròç de camin que, passada la Nacionala, es puei un pauc pus luench bordejat per lo domaine dei Grands Boulands, quand m’avisèri d’un faisan tancat au mitan d’aqueu camin e que, de mi veire approchar, aquò semblava pas tròp l’espaurugar. Trepejava lo quitran, fasiá l’aleta en clussent mai èra de bòn veire qu’aviá pas enveja de s’enanar sèns mi saludar. E coma m’avançavi d’a passet, mi laissèt venir a lo tocar e es ensin que per la premiera fes de ma vida mi posquèri promenar sus una rota amb un gallinacèu de luxi a mon costat.

         Fagueriam ensems unei quatre ò cinc cents mètres, coma de vièlhs amics, eu premier e ieu a l’après, sèns que s’arrestèsse un momenton de clussir en trotinejant. Mi pensavi que deviá èstre probable una d’aquelei paurei bèstias que ti largan per campèstre quauquei jorns avans que la caça comencèsse oficialament, mai un òme que passava dins sa veitura m’afortissèt qu’èra un faisan boscassier e que lo coneissiá fòrça ben, estent qu’èra lo garda. — Aièr, a passat sa jornada amb lo boscatier qu'es aperailà, mi diguèt, mai entre que siam a la sason dei fusius, s’esvalisse e lo vesèm pus pendent de mesadas ! Es un faisan de China ? li demandèri qu’es pas sovent que pòdi remirar dins mei passejadas de bèstias tant acoloridas. — Non, es un “venerat” (1), mi respondèt, n’i a que s’amusan a lei tuar, mai i a ren a manjar… E s’enanèt.

         Tireriam mai camin amb mon novèu companh de passejada. La pena mai lònga de sa coa deviá averar lo mètre e aviá lo dessús de l’esquina ornat d’escaumas negras emplenadas d’aur, qu’un eraudista auriá blasonat d’or papelonné de sable (2). De quora en quora anava pitar quauquei bestioletas dins la bauca, mi laissava prene l’avança, puei mi ragantava borra-borra e contunhaviam cotria a mon ande. Coma aprochaviam dei Grands Boulands, e qu’èra pus, bensai, dins sa jurisdiccion, s’aplantèt un darrier còp, mi regardèt que m’alunchavi e puei, tranquillet, dispareissèt dins lo boscatge. Tornavi au vilatge qu’un esquiròu negre traversèt plan planet lo camin davant ieu…

         Lo bonur, de còp que i a, es una causa dei simplassas…

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    (1) en fr. : un vénéré. Lei diccionaris lo sònan syrmaticus reevesii, Reeves’s pheasant,  ò phasianus torquatus.
    (2) En eraudica, lo "papelonné"  es una mena de malhum que revèrta d’escaumas ò de mieg-ceucles sus una pèça ò lo camp de l’escut.

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    September 05

    DE PALAIS SÈNS CERVÈLA...

          Ti fa un solèu esbleugissent de matin, e ai davant la fenèstra ma catalpa amb sei fuelhas gigantassas e sei lònguei banetas penjadissas que saussan dins l'azur verge dau jardin.  Pasmens, ambé… 6,2°C defòra, es un brigon fresqueirós per ma passejada coronariana !
          Siáu totjorn en cèrca de sabi pas qué sus lei Du Faur de Pibrac, e ai aquí una nòta que mi remanda au Livre d'Or de la Poésie française de Seghers. E aqueu poèma d'ELUARD, Novembre 1936, que mi fa pensar au mond que vivèm :
    Regardez travailler les bâtisseurs de ruines
    Ils sont riches patients ordonnés noirs et bêtes
    Mais ils font de leur mieux pour être seuls sur terre
    Ils sont au bord de l'homme et le comblent d'ordures
    Ils plient au ras du sol des palais sans cervelle.
         Es estrange coma en quauquei mots lei poètas ti parlan de ton actualitat… mai de setanta ans après : bastissèires de roïnas, negres e bestiàs, en riba de l'òme, de palais sèns cervèla : tot aquò mi fa pensar a la Crisi de la finança mondiala, ai stock-options de nòstrei banquiers, ai deslocalizacions industrialas, a la politica de nòstrei Gribouilles
    ParapluieParapluieParapluie



    September 02

    PÒSTA RESTANTA : LETRAS DE PERTOT E D'AUTRA PART

    Èra lo temps de l’amistat…

         D’aqueu temps lo monde escrivián. A la man, lo mai sovent. Seriá pas estat convenent d’escriure amb una maquina, alevat per de motius administratius. De tot biais, lei possessèires d’una maquina d’escriure èran pas espés. Que de n’aguer una èra un signe interior de riquessa, parier lo telefòn.
         D’aqueu temps escriviam fòrça. E deguèri, de tot segur, mandar de letras a para-lo-cofin per acampar tant de respònsas. Aquelei letras m’arribavan de Bretanha, de Provença, de Normandia, de Lengadòc, d’Alemanha, d’Itàlia, de Checoslovaquia, d’Ongria, de China ò d’Union sovietica. Entre l’estiu 1955 e setèmbre 1957, dau temps que fasiáu mon sapin a Nantas, puei a Bordèu, venián mai que mai d’Aubervilliers, de París e de Marselha, que mi l’i esperavi ma promessa. I parlaviam de tot : de lingüistica, de politica, de musica, de poesia ò simplament dei causòtas de la vida vidanta : l’amor, la pecúnia, lo trabalh, l’espèr, lo languiment… Pantaiaviam d’una societat mai umana e d’un avenidor que, nos acertava l’oracle, podiá èstre que cantadís…
         Entre l’immediata après-guèrra, que m’èri gropat d’esperieu a l’estudi de l’italian, e la fin deis annadas seissanta, i aguèt lo pus pauc cinc cents d’aquelei missivas mandadas ò reçaupudas de correspondents e correspondentas de tot peu. La màger part d’aquelei letras, que de leis archivar ne’n vesiáu pas la mendre rason ò que relevavan de l’intime, passèran per uelh, tant coma passaràn puei per uelh totei mei quasernets de tèxts e de nòtas, meis assais de poesia e mai mei jornaus personaus.
         D’aqueu clapier epistolar mi sobrava au premier jorn de l’an 2001 aperaquí 240 letras que mesclavan lo francés amb l'occitan, l'italian, l'espanhòu, e a vegadas lo rus, lo catalan e l'anglés. Ne’n chausissèri un centenau, ne’n compausèri lei tèxts sus lo Mac e n’en fèri un quasernet amb un pichòt prefaci que s’acabava ansin :

         Aquí perqué, un bèu matin que lo soleu, cauta-cauta, veniá pipar la nèu dau jardin, mi siáu gandit devèrs lo burèu de la Pòsta de la carriera dau Sovenir per i prene un gròs molon de letras ambé mon nom dessús. Leis avián signadas de monges, de metallurgistas, d’artistas, de militants comunistas, d’universitaris, de jornalistas e de poètas. Parlavan de causas que s’èran debanadas dins ma vida, i aviá d’aquò trenta, quaranta ò cinquanta ans; evocavan d’eveniments oblidats despuei lòngtemps. D’endrechs que de bòn i aviáu viscut, quauquei setmanadas ò d’annadas e d’annadas de temps : Nantas, Marselha, Bordèu, Aubervilliers, Vigneux-sur-Seine, Boismorand.
         Èran signadas d’òmes e de fremas qu’aviáu trevats ò que conoissiáu. De gents qu’amavi pron; que m’amavan tanben. Aquelei letras mi parlavan d’esperança, de luchas ganhadas ò perdudas, d’un ruscle insadolable d’aprene e de saupre. Mi parlavan, coma o cantèt Aznavour
    “d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.”
         Èra lo temps dei collègas, de l’amistat e dau pantaiatge. Lo temps dei guitarras e de la poesia…


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    UNA PREMIERA LETRA DE JÒRGI REBOL

         Fasiá tot bèu just quatre mes qu'aviáu descubert un autre biais d'escriure mon provençau; descurbiáu tanben lo poèta qu'èra aquel òme que m'aviá respondut a la plaça dau critic dei Lettres françaises (veire çai-sota : Trois lettres de Robert Lafont)  :

    L’annada es dins ma man
    ponhada de borraus.
    Ai mossegat l’espatla de la vinha
    ai mossegat l’amor a beli fruchas.
    La Ròsa de Ponènt
    estrifa la Cevena.
    Ma vida aici coma una fònt
    ont s’abeure mon vièlh pòble.
    Paure pòble atrabalhit
    ai mi mans dedins ti mans
    e te tòrne çò que balhas
    perqué sabe mièus que tu
    que la lenga es de nosautres.

    Paure pòble pòble rèi
    te sauvarem ta corona
    de verbena de vèrda gaug
    te menarem amb nòstra lenga
    sus l’estrada di mainadas.

    Perque sabe miéus que tu
    que lo matin es de nosautres. [1]

         Robèrt Lafont m’aviá tanben dubert son quasernet d’adrèiças e recebiáu aqueu matin de decèmbre, en respònsa a la mieuna, una letra (dactilografiada !) de… Jòrgi Rebol, la premiera d’una correspondéncia que durariá unei trenta ans !
    -----------------------------------------------
    Marseille le 8 Décembre 1958.


         Cher Monsieur,

         Votre lettre, dans sa concision et par son affection, revêt pour moi une très grande importance.
         J’en confie une copie aux animateurs de notre Comité Victor Gelu — dont fait partie Robert Lafont — et à la fille de notre capoulié de la Pauriho et de Bagatóuni : Anna Valère Bernard qui est des nôtres.
         Pour des ouvrages d’occasion de nos Maîtres, adressez-vous de ma part à la Librairie Laffitte, la Canebière, qui les arrêtera pour vous, au passage, car je risque moi-même de les manquer lorsque je “descends” des Chartreux (assez rarement) bouquiner le rayon occitaniste… de ce bon libraire.
         On parle peu provençal à Marseille; mais encore assez dans nos banlieues et partout dans nos terres. Nos “mainteneurs” par un goût d’exotisme — que j’ai eu en son temps !… — s’en tiennent pour la plupart au rhodanien assez livresque. Ils devraient pourtant retrouver leur source dans La Pastorale Maurel à apprendre par cœur pour l’aisance et dans Nouvè Granet pour le vocabulaire et la force. Ils ne seraient alors pas aussi loin du PEUPLE qui, lui, maintient !
         Depuis 13 ans, les quelques (sic) 16 STAGES ruraux du Calen nous ont rapprochés du PEUPLE, et nous ont fait constater les ressources immenses et méconnues de nos “patoisants”. Ces “patoisants” possèdent vraiment notre langue. Mais ils ont un complexe d’infériorité devant ceux-là même qui se disent être des Maîtres. Cette fausse position est désastreuse et le Félibrige, qui s’exprime en zézayant dans un dialecte étranger aux 9/10e de notre PEUPLE, porte là une lourde responsabilité.
         D’un autre bord, je m’aperçois avec un recul de 25 ans que notre parler marseillais a pu se plier tout naturellement à une poésie non réaliste, d’aucuns ont dit : hermétique ! poésie aujourd’hui heureusement dépassée… Mais ceci me touche de trop près pour en parler sans attendre d’autres décantations !
         M’acò, sènso adiéu, e tóutei mei coumplimen pèr vouesto vièio afecien marsiheso.

    Jòrgi REBOUL



         Tornèri donc a la Librariá Laffitte de la Canabiera — ont aviáu ja crompat, au mes de mai 58, gramaticas e diccionari (Lou Pichot Tresor, de Xavier de Fourvières) — e quand entendèri ma grand mi dire un jorn que lo provençau que parlava èra pas le vrai provençal, aqueu provençau que sa sòrre, ela, sabiá parlar, comprenguèri miéus çò que Jòrgi Rebol aviá vougut mi dire dins sa letra…


    ------------------------
    [1] DIRE Poëmas 1945-1953 de Robert Lafont seguits d’una òda a Marselha. Messatges. Institut d’Estudis Occitans, 1957.

    SoleilSoleilSoleil


    August 29

    Lei du Faur & du Faur de Pibrac en Orleanés — 1.


    UNA GLÈISA QU'A PER PATRON UN EVÈSQUE DE CAVALHON,  UNA CAMPANA FLAME NÒVA,  E UN DU FAUR PER PAIRIN.

         Batejada en 1669
    dau pichon nom de sa mairina (1), Anne d’Aultry de la Brière, la campana de la glèisa sant Veran de Boismorand, comuna que fa rara ambé Gien, entre Solonha e Gastinés, es una dei mai ancianas dau terrador gienés. E, de tot segur, es la soleta que pòrte gravat dins lo bronze lo nom prestigiós d’un vièlh linhatge lengadocian : lei Du Faur. Aqueu tèxt ditz :

    IHS MARIA JOSEPH ◊ IAY ESTE NOMMEE ANNE PAR FRANCOIS DV FAVR ESCVYER SEIGR DE CORMONT
    ◊ ET DAMOISELLE ANNE DAVLTRY DE LA BRIERE 1669
    GVILLAVME SEGVIN MARGVILLIER.

         Leis archius religiós ajustan qu'aquela campana pesa 180 quilòs, qu'a un diamètre de 69 centimètres e que dona lo dò manca un cinquen de ton. La glèisa, ela, es probable la version de pèira d'una anciana capeleta de fusta bastida per d'ermitans installats au sègle VII ò VIII e que dependián de l'abadiá de Ferrières-en-Gâtinais, a l'ubac de Montargís. Es dedicada a sant Veran, lo sant… cavalhonenc. Ai trobat dins leis archius dau presbitèri vesin de Nogent-sur-Vernisson un Cantique à S. Vrain (2) que manca pas d'interès per tot un fube de rasons. I aprenèm que lo sant comtadin es nat en realitat… en riba de Lèire, pròchi Orleans, d'un paire givaudan;  qu'a tuat lo dragon non loin de Cavaillon e que si faguèt puei ermitan au pays d'Avignon ! (3) Es un tèxt que podèm datar de la segonda mitat dau sègle XIX e qu'es de la man dau prèire de la pichòta parròquia boscassiera de Boismorand. La rima es pas totjorn d'una granda qualitat mai si tracta pas de poesia aqui; tot aquò si cantava, segur, qu'avèm tanben quauquei mesuras de musica.
         Per l'istorian Pau Gacha (4) la preséncia d'aqueu sant durençòu dins una parròquia de l'Orleanés s’explica per lo fach que i aguèt, après la segonda crosada, una veneracion novèla per lei relicles de l'evèsque de Cavalhon, relicles qu'avián mes a la sosta au moment deis invasions arabas dau sègle VIIIen. D'aquí lei capèlas e edificis religiós consacrats a sant Veran dins lo nòrd dei despartaments de Nievra, Iòna e Loiret.
         Per quina rason donèron a la campana de la glèisa de Boismorand lo pichon nom de la Domaisèla d’Autry de la Brière, ne’n sabèm ren. Aquela mairina, pasmens, èra pas quau que siegue : veusa d’un senhor locau, èra tanben la sòrre dau prèire de la parròquia vesina de Nogent-sur-Vernisson, un òme que t’aviá una carta de visita lònga coma lo braç. Es ansin que lo vesèm marcat, dins d’uneis actes notariaus de l’epòca, coma discreta  (ò nòbla) e scientifica persona Monsénher François Gaston d’Autry, prèire, prior de Noyen (es a dire : Nogent) e de la Touche, protonotari dau Sant-Sèti apostolic, aumornier ordinari (ò conselhier) dau Rèi e capelan de la Santa-Capèla de París, escudier (ò chivalier), senhor de la Mivoie.
         Lo pairin nos interessa mai d’abòrd que pertòca au còp l’istòria dau Tolosan e aquela de l’Orleanés. En 1669, fa ja un sègle que lei Du Faur an plantat bordon de lòng de Lèire. En 1562, l’armada reiala, venent de Borges, gafa dins lo fluvi a Gien, qu’amenaça tornarmai la pèsta. La vilòta vesina (e protestanta) de Châtillon-sur-Loire,  a d’approvesir lei tropas de Carles IX. Mai Joan Du Faur, senhor de Courcelles, amb lo capitani Chévenon denóncian lei Castelhonés coma rebèlles a l’autoritat reiala e Châtillon es ocupat tres jorns de temps per leis arquiers de la Gàrdia reiala dau Conestable Anne de Montmorency (5).
         Aqueu Edme-Joan Du Faur, dich Lo Jove (le Jeune) crompa (parcialament en 1579 e totalament en 1590) la senhoriá de Courcelles-le-Roi dins la parròquia de Belleville-sur-Loire. Es lo 4en fiu de Miqueu Du Faur, senhor de Pujòls, procuraire generau au Parlament de Tolosa. Louis Moréri (6) nos ditz qu'aqueu Joan lo Jove siguèt chamberlan dau duc d'Alençon, lo fraire d'Enric III,  Hubert Lamant (7) aponde a aquò qu'èra tanben seigneur de Ste-Christine-les-Nogaro (en Armagnac), Marcault, Cormont, Pierrefitte-les-Bois***, gentilhomme ordinaire du duc d'Anjou, capitaine de Marmande, gouverneur de Jargeau (1589) et maître particulier des Eaux et Forêts en la généralité d'Orléans e Pau Gacha (8) que passé tout naturellement, comme chambellan, du service d'Henri III à celui d'Henri IV, Edme-Jean est fait par ce dernier gouverneur de Jargeau en 1589 à la reprise de cette ville que la famille [dei Du Faur] considérera comme son bien pendant trente ans. C'est comme tel qu'il accepte de parrainer au temple de Gien le 19 août 1593 le petit-fils de Certon, qui avait accepté de se sacrifier pour Coligny en restant auprès de l'amiral la nuit de la Saint-Barthélémy 1572.

    [*** Marcault es un toponim, amb son castèu e son pargue, de la comuna actuala de Poilly-lez-Gien, Cormont èra un fèu de la parròquia de Boismorand, Pierrefitte-ès-Bois, pròchi Gien, èra una parròquia de la diocèsi de Borges]


    ◊◊◊◊◊

    --------------------------------------
    (1) Alban Bertero : Les 330 ans de la cloche Anne suivi de Boismorand-Les Choux : Une querelle de clochers sous Louis-Philippe (Cercle historique de Boismorand, 1999). Anne èra tanben lo pichon nom de la dòna Du Faur de Courcelles, nascuda Anne de Guéribalde e esposa de Jean Du Faur, senhor de Courcelles-le-Roi.  Aquela Anne de Guéribalde, dòna de Bondaroy, pròchi Pithiviers, èra d'una familha venguda d'Itàlia au mitan dau sègle XVI – lei Garibaldi — e qu'èran protestants en França (P. Gacha). Defuntarà en 1674.
    (2) La forma locala dau nom es Vrain ò Verain per leis òmes e Veraine ò Vrinne per lei femnas. Aqueste pichon nom èra fòrça comun dins la parròquia de Boismorand coma dins la parròquia vesina dei Choux fins au sègle XIX. Vrain Guionnet, naissut en 1740, èra en l'an V l'ajonch dau premier cònsol de Boismorand.
    (3) Cantique à S. Vrain
    I. C'est solennelle fête / Au bourg de Boismorand / Chaque maison s'apprête / A chanter saint Véran II. Sur les bords de la Loire / Au castrum de Jargeau / Ainsi le dit l'histoire / Il trouva son berceau III. Mais c'est ainsi sur terre / On dût porter l'enfant / Pour retrouver son père / Au fond du Gévaudan IV. Dans sa pieuse enfance / Il charmait tous les gens / En son adolescence / Il fut chéri des cieux V. Etudiant modèle / Il avance à grands pas / Il choisit la tutelle / De l'Evêque Privas VI. Il est élève il est prêtre / C'est pour le dépenser / Il laisse le bien être / Pour s'en aller prêcher VII. Dans la main l'Evangile / Et la croix du Seigneur / Il va d'un pas agile / Où le pousse son cœur VIII. C'est une vive flamme / On le voit en tout lieu / Il désire toute âme / Pour les donner à Dieu IX. Il féconde avec gloire / Le sol orléanais / Il faut aussi le croire / Tout notre Gâtinais X. Quels bienfaisants miracles / Il sème en son chemin ! / Des démons les oracles / Devant lui prennent fin XI. Des malheureux le père / Il chasse tout chagrin / Il combat la misère / Les maux fuient sous sa main XII. Par la forte prière / Non loin de Cavaillon / Il délivre la terre / D'un horrible Dragon XIII. Pour cacher son mérite / Au pays d'Avignon / Il devient ermite / Mais ne perd pas son renom  XIV. La source de Vaucluse / Il ouvre avec ardeur / Elle n'est plus recluse / Grâce à son saint labeur XV. On lui donne l'Eglise / Des bons Cavaillonnais / La charge est bien acquise / Son peuple le connait XVI. Par sa doctrine sûre / De la foi le rempart / Par son âme très pure / Des mœurs le boulevard XVII. Il est par sa science / Des prélats dont on dit / Qu'ils ont créé la France / Du Nord jusqu'au Midi XVIII. Il parla avec sagesse / Dans les conseils des rois / Son cœur plein de tendresse / Sait adoucir les lois XIX. Pour achever la gloire / De notre saint Véran / Il fut nous dit Grégoire / L'ami du roi Gontran XX. Ecoutez nos prières / Ô notre saint patron / A chacun de nos frères / Ici montrez-vous bon. Dans la main l'Evangile / Et la croix du Seigneur / Il va d'un pas agile / Où le pousse son cœur
    (4) À l'issue de la première croisade (1096-1101), la vénération de saint Vrain, évêque de Cavaillon, dont les reliques avaient fui devant les invasions arabes du VIIIe siècle jusqu'au village de Romfort, dans le Nord de la Nièvre, devenu à la suite Saint-Vérain-des-Bois, bénéficie d'un essor régional avant 1124. Ainsi à Sommecaise, avec la chapelle qui y donne son nom; au Buisson-Saint-Vrain (Yonne); dans les paroisses de Fontenouilles (Yonne) et de Jargeau (Loiret), consacrées à ce saint, et aussi à Boismorand. Paul GACHE : Repères dans l'histoire de Boismorand, in “Boismorand sur les chemins de l'Histoire”, Cercle historique de Boismorand 1997, pp. 17 et 18.)
    (5) Les protestants châtillonnais (XVIe-XVIIIe s.), revue Castellio, sept. 1988
    (6) Mre Louis Moréri, prêtre, docteur en théologie : Le Grand dictionnaire historique, ou le Mélange curieux de l'histoire. Paris MDCCLIX.
    (7) Hubert Lamant : Armorial général et nobiliaire français, tome XIX, pp. 148 et suivantes.
    (8) letra dau 30 de julhet 1997 : Ayant eu le temps ces jours-ci de regrouper au moins le gros de mes informations sur les du Faur, me rappelant que c'était un de vos projets à venir [sur la présence des Du Faur à Boismorand] je vous en fais tenir photocopie (même s'il y a quelques lacunes que je signale au passage) pensant que celà pourra vous aider.
    Veire > photos >> images de blog >>> Du Faur (armas)

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    August 22

    LES BLOGS OCCITANS SUR INTERNET : RIQUIERS DU PIXEL OU MADELEINES DE PROUST ?

    Mas trop suy vengutz als derriers
    (ailàs siáu vengut tròp tard)
    Guiraut Riquier (sègle XIIIen) [1]


         Perqué escriure, uei, en òc ? Perqué publicar, ò perqué si riscar a tenir un blòg sus la Telaranha dins una lenga qu’acaba de morir e qu’aquelei que la parlan encara naturalament n’en sabon manco pas lo nom vertadier ? Se la question pòu semblar ninòia, la respònsa es puslèu embolhosa. L’audimat culturau — es pas besonh de gausir d’escupinha per n’espepidonar lei rasons — nos es gaire favorable. Coma que vague, vivèm au sègle de la mondializacion e l’internet, cadun o saup, es una planeta majoritariament anglofòna. Es ensin que quora m’engani dins l’adrèiça d’un mèl, per exemple, mi lo recaci tot d’un temps dins lo morre ambe quatre linhas per m’explicar lo motiu dau refús. Quatre linhas en englés, es-ti ben necit de o precisar ? Lo francés es vengut ara una lenga regionala per lei mondializaires. E per s’avastar a deschifrar un tèxt d’occitan sus la Telaranha, n’i a que crèson fèrme que fau èstre per lo mens diplomat de paleografia…

         Amb aquò… vesi qu'ai pancar respondut a la question, que lei motius d'aquela chausida mi semblan multiples. E que lei rasons de uei, ambé la democratizacion de l'informatica, son bensai pas lei meteissas qu'aquelei deis annadas cinquanta dau sègle passat, quora lo telefòn èra encara quauqua ren de rar vèrs la mainatgiera de mens de 50 ans, per emplegar lo patois marketing. Çò segur es que per ieu, Marselhés empeutat tre mei darrierei tetadas dins una banlèga de París, lo rescòntre d'aqueu provençau literari que destapavi dins la gramatica de Savié de Forvieras aviá quauqua ren que mi ramentava mei vacanças marselhesas a Sant-Marcèu. Aquelei mots, aquela musica, èran pas d'una lenga estrangiera : leis entendiáu sovent quand veniáu a Marselha per lei vacanças, m'èran familiers. Nasejavan de contúnia dins lei convèrsas de meis oncles, de mei tantas, de mei cosins ò cosinas. Lei Diga ! de mon oncle Severin, lo matinier Adieu, garri ! de mon oncle René, lei M'as comprés, qué ! de ma tanta Piarreta, ò lei Vai t'escondre, vai ! encanhats de ma grand, compreniáu ara qu'aquò èra pas simplament un francés folclorizat, un francés de cabanons, de petanca e d’aniseta, mai lei sobras d'una autra lenga, una lenga que ma grand m'aviá totjorn esconduda, mai que parlavan ambé sa sòrre quand volián si dire de causas qu'aviam pas de comprene, nautres lei pichons Parisiens.

         E m'avisavi tot d'un còp qu’aviáu enterrat au mai fons de ieu tot una part d’un vocabulari que, tornats dins nòstra banluec boreala, totei aquelei mots nos servirián per ren, e que res desenant podriá lei comprene . Mon paire nos aviá aleiçonats tre nòstra arribada a Aubervilliers :  Petits, ici on dit pas Vé !… on dit Regarde ! Alora, Proust ò pas Proust, madeleine ò pas madeleine ? Sabi au mens qu’aquela ponhada de mots li siáu devent d’èstre restat Provençau, un Provençau de l’exilh, bensai, mai un Provençau conscient de sa cultura, de son istòria, de sa lenga.



        L’occitan sus internet : una utopia en linha ?

         Manlèvi aquela interrogacion a l’estudi de Dòna Ksenija Djordjevic [2]. Perqué, en 2009, escriure en occitan ? E perqué o faire per lo biais d’internet, aqueu malhum que l’anglés i senhoreja ambé sei 43% laissant a la lenga-de-la-Republica un retalhon de 4,4% ? E perqué parlar d’utopia ? Escriure, correspondre, legir, escotar en òc bònadich  l’internet es una realitat quotidiana per ieu e vesi pas per quina rason deuriáu m’espantar d’aquò. Ma lenga mi permete de comunicar ambé d’autrei personas, çò qu’es lo ròtle d’una lenga. A la debuta, quand mon niston m’a engivanat aqueu site, voliáu simplament i garçar mei dessenhs, de dessenhs ambé la tencha de China o pintats amb de gredons de color. E per aquò sonèri mon site Poyyât en noir et en couleur, que Poyyât es mon faus-nom de dessenhaire. Puei mi diguèri que mei dessenhs podián servir per modestament que siegue a la promocion de l’occitan, e i botèri de legèndas en provençau. E parier faguèri per l’eraudica, qu’es una de mei passions. Voliáu parlar d’eraudica e plaidejar  per aquela sciéncia tota d’imaginacion e de rigor ambé lei mots de ma lenga. D’aquí mon Assai de lexic occitan de l’eraudica e leis nombróseis exemples d’escuts que podètz agachar dins lei albums que fan l’acompanhada a mon blòg.

         Qu’aqueu blòg siguèsse redigit (au mens per una part) en lenga d’òc èra mai qu’evident. Siguèssi danés ò italian, auriáu emplegat lo danés ò l’italian. Dirai mai : es per çò que l’internet es encar a l’ora d’ara dins lei democraciás un espaci mondiau de libertat — e pas un espaci estrechament nacionau sotmés a la dictatura d’una lenga obligatòria per totei — que nòstra lenga i pòt afortir son existéncia. E vèsi ges d’utopia a aquò. Cochat de l’usatge administratiu despuei mieg-millenari, interdich d’escòla despuei dos sègles, oblidat dei medias e de l’audiovisuau de l’Estat francés, l’òc es logicament e tot naturalament present sus internet amòr qu’es lo luec que si  rescòntran e si mesclan totei lei culturas dau mond. Vèn a nautres de faire qu’aquela plaça siegue de mai en mai importanta amb un public de mai en mai important.

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    [1]
    "Arnald Danièl encara coneguèt la glòria. Mas tu, paure Guiraut Riquièr ! Cantèras pr'aquò, e de cançons de tota mena. Degun las cantèt après tu. Poder causir son temps per nàisser ! Mas tròp suy vengutz als derriers… Coma las femnas nusas d'Acra, coma los Templièrs sul lenhièr. Un còp que la mòrt es passada, lo darrièr val ben lo primièr…"  Joan Bodon : Lo Libre dels Grands jorns (Lo Libre Occitan, 1968)
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    [2]
    Ksenija Djordjević : Une utopie pluraliste en ligne: l’occitan sur Internet.
    (Kalbu Studijos. 2007. 10 NR. * Studies about languages. 2007. N°. 10)


     
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         LO
    BLOGUITGE, es un malhum de blògs que marcan, cadun ambé son originalitat e sa tonalitat personala, la preséncia de nòstra lenga sus l'internet.
    Un viatge requist a travèrs de la diversitat e de la richessa dei parlars d'Òc. N'avètz çai-sota la tiera actualizada. En esperant aquelei que deurián arribar lèu !


    Club de Fans Paco Boya





    PROVÈRBIS PEISSONENCS

    Lèu tròba qui pesca en estanh nos ditz un trobador, Guilhèm de Durfort, dins un sirventèsc que leis especialistas datan de 1204 [1]. Sabi pas se nòstre òme emplegava aqui un dire costumier ò se l’atrobat es sieu, mai m’agrada pron : Lèu tròba qui pesca en estanh ! Un provèrbi qu’a mai de uech sègles, es de tout biais un article de qualitat dins una pontannada que siam a si demandar se dins quinge ò vint ans nos faudrà pas portar en grand dòu lo darrier pèis au cementèri deis espècias animalas aneientidas per l’Òme. Es verai qu’un autre provèrbi nos afortisse que : onte l’aiga dòrme, aquí lo pèis. Un pèis, adonc, lèu trobat, pecaire ! Es bensai çò que, uei,  sonariam un pescar bòrni, non ? Per un pèis que, dins un estanh, seriá puslèu un peisson, mi sembla. Avètz encar un pauc de plaça per un darrier ? An, paratz la sieta, zo ! Cu non pèsca non prèn pèis…
         En tornant legir aquel articulet, m'avisi qu'auriáu poscut citar d'autrei provèrbis que lo protagonista n'es lo pèis, aqueu pèis — nos afortisse JT Avril dins son diccionari — qu'es un Animal qui ne vit que dans l’eau et qui n’a ni pieds ni ailes çò qu'es scientificament pron just alevat per lo mùjol volant que sonan en francés de París, e mai que mai au Ministèri dau Champ d'Honneur, l'exocet. Una mena de pèis desprovesit pasmens (e coma totei sei fraires)  d'apendix pedèstre.
         Aquí donc quauquei provèrbis ò biais de dire que nos parlan de pèis :
    s'amusar coma un pèis dins una guitarra, es si faire cagar de premiera, que la màger part dei pèis, peissons e peissonas — seguent un sondatge dei mai recents — sabon pas tocar la guitarra, per una rason evidenta que n'en parla pas Avril dins son diccionari, es que lei pèis naisson tanben sènsa mans, çò qu'es fòrça entrepachós, ne fau convenir, per si passejar amb una bicicleta, mai mi demandi per quina rason ai escrich aquela colhonada. Lo lassitge, probable…
    èstre gai coma un pèis dins l'aiga, es pas besonh de revirar, a d'èstre comprés "gai coma un pèis dins l'aiga", franc qu'aquela aiga emplenèsse una guitarra, que de tot biais una guitarra que i vujatz trenta litres d'aiga dins la panolha es una guitarra fotuda ! Fo-tu-da !!!!
    ensenhes pas ai pèis de nadar, que elei sabon nadar d'èime e tre que naisson, çò que pròva que lo pèis es superior a l'èstre uman ambé sei pès, sei guitarras e sei provèrbis de nani ! Mai lo pèis, malurosament, a d'aquò deis umans que
    lei gròs pèis manjan lei pichons, çò que pròva que lo pèis es tant conàs coma tota la raça aborrida deis enfants dau Paradís e dau CAC 40. Enfin, gai dins l'aiga, nòstre subjèct saup tanben
    s'arregalar coma un pèis sus la grasilha, que n'aprofichi per dire qu'ambé la calorassa es pas conselhat de faire fuec dins lei còlas a l'entorn de Marselha que per lei encèndis avèm dejà passat comanda a l'Armada de la Republica e acabarai amb aqueu darrier (s'acabi, de tot segur, pòu èsser que lo darrier) :
    dins lei gròs gorgs si pesca lei gròs pèis,— En el gran mar,  el gran peix dison nòstrei collegas catalans — çò qu'explica per exèmple que degun a jamai pescat una balena dins Jarret, qu'auriá pas pron plaça, pecaire e tant s'en lanhariá, enfin, oblidem pas que
    lo pèis naisse dins l'aiga e fau que mòre dins l'òli, e coma es dejà miegjorn, vau anar veire dins lo refregidor çò que Jaumeta m'a laissat per manjar uei.
    (a ! oblidavi ! ai fach una fotò d'aquel paure pèis presonier de sa guitarra aigassosa. Veire >  photos >> images de blog >>> pèis que s'enfècta
    ).

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    [1]
    Quar say petit mi met en razon larga,
    quar leu troba qui pesca en estanc…
    C’est parce que je suis pauvre de savoir que je m’attaque à un sujet riche :
    celui qui pêche en vivier a tôt fait bonne prise.
    Trach de : Louis Alibert et René Nelli : VII Troubadours des Pays d’Aude (Ed. de la Société d’Etudes Scientifiques de l’Aude, 1948, p. 9.)
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    SoleilSoleilSoleil

    ES LA JORNADA INTERNACIONALA DEIS ESQUERRIERS (C'est la journée internationale des Gauchers !)

          13 août
          Adieussiatz, brave monde ! Es la fèsta, uei ! Es la fèsta universala d’aquela raça maubiaissuda e segregacionada dei man-esquerriers ! E òc, tot un pòble que ti còpa la carn ambé la man gaucha, si forgona lo pebron esquerriament e pòu pas si tenir de si torcar l’ulhet — es quasiment un automatisme pavlovenc — ambé aquela sacra man dau diausse !
         Alora, coma son ben bravonets a l’ONU, nos an fach, escassament per nautres, paurei jusiòus dau dessenh e mai de l’escritura, nos an fach una jornada especiala vodada a nòstra malautiá ingarissabla. D’abòrd que cu es nat ponchut pòu pas morir carrat, de la mema façon un esquerrier es gauchier per tota sa vida e soventei fes un pauc après (que per picar a la pòrta dau Paradis, que totei lei gauchiers van en Paradis… dei Gauchiers, segur, per picar a la pòrta de nòstre Paradis, es evident que o fau faire ambé la man dau còr, qu’autrament vos dòrban pas, leis Àngels, que son elei tanben d’ancians senequiers emparadizats, perdinche !).
         Adonc, Cesar, Jimmy Hendrix, Bill Gates, Leonardo da Vinci, Obama e Poyyât son totei esquerriers coma o an dich de matin dins totei lei Ràdios de la francofonia francesa. Son de monde que, coma Leonardo e Poyyât, per citar lei mai celèbres, ti sabon escriure un còp de la gaucha vèrs la drecha, e a la linha d’après, de la drech vèrs la gaucha, que lei Grècs sonavan aquò escriure en bostrofedon.
         Bòn, m’excusaretz, que lo telefòn decessa pas de tintinejar despuei la primauba e qu’una jornada d’esquerrier, fau pas la començar en pausant premier lo pè drech sus lo postam, que seriá temptar la mauparada…
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    PS - Aquí un messatget a la mòda "bostrofedona" > veire photos > images de blog >> esquerriers
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    SoleilSoleilSoleil

    L'ÒRT DE JAUMETA

       

         L'òrt
    de Jaumeta ! Siguèssi escrivan, n'en fariáu un roman. Un roman, ò puslèu una trilogia, mai una trilogia especiala, una trilogia de… quatre romans, que dins un lieumier l'i a quatre sasons e chascuna a son importància. I a quand la tèrra fa semblant de penecar mai qu'aprepara de garapachons la prima. I a quand arriban lei premiers borrons e que lei premierei fuelhas desplegan crentosament sei raubas verdoletas. I a quand l'aucelilha comença de gostar en tropelada joiosa tei premierei cerieisas, i a quand lei guèspas e lei cabridans ti rosigan dins un tarabast d'infèrn tota l'aubrada de ta pruniera.    
         I a lei premiers raiçfòrts, lei premierei pomas d'amor, lei tartifles, lei pebrons, lei pòrris, lei caulets, lei merinjanas, lei cocombres, leis ensaladas, la bortolaiga, lei garròtas, lei cachòfles, lei banetas, lei falhòus, lei fragas, lei cassís, e puei lei pomas, lei persègues, lo rasim, lei melons, la figa (avèm una figuiera puslèu abarosa que s'acontenta de nos cagar annalament una figa, pron sucosa pasmens, en pagament dau tròç de tèrra que li logam) i a… i a, enfin i a l'òrt de Jaumeta que si lèva amb lo soleu e quita son jardin ambé lo calabrun.
         E tot aquò s'acabarà en consèrvas, en confituras, en tartas, en donas per lei vesins, per leis felens e felenas, per leis amics, per la familha.

    l'Òrt de Jaumeta, l'ai rejonhut en quauquei fotòs dins > photos >> l'Òrt de Jaumeta

    Coeur rouge
    Coeur rougeCoeur rouge


    ESTATISTICAS SUICIDÀRIAS…

    81
         es lo nombre (oficiau) dei suicidis despuei lo cap d’an dins lei “lieux privatifs de liberté”, valent a dire dins lei cagamanjas medievalas, e cargadas a non plus, dau país que si vanta d’èstre aqueu dei Drechs umans.

         Coma fa mestier pasmens de pas tròp ennegrir la situacion e embrecar la “com” dau Govèrn, lei paureis engabiolats que sabon pas manca si suicidar proprament e que van puei morir dins un espitau, — adonc fòra lo “lieu privatif de liberté” que n’èran leis òstes — aquelei mau-suicidats si veson forabandits de la comptabilitat oficiala de l’administracion dei presons.

         Es bòn per l’estatistica oficiala, comprenètz. Per exemple, un òme que li an garçat 20 ans en 2008 e que mòre dins un espitau en 2009, s’apren pas a l’administracion dei “lieux privatifs de liberté” s’a debanat precoçament, es un problèma de posologia ò d’efècts segondaris. Pas mai. A pas debanat en preson. Es pas impossible que si siegue amorosit d'una infiermiera, qu'aquela infiermiera l'aguèsse rebutat, sabètz come son lei fremas, e aqueu desfortunat, dins un moment de desesperança, si seriá levat la vida. Metèm que tot aquò si seriá debanat dins la chambra 412, costat fenèstra, 3-en estanci de l'espitau Untau de l'Assistance publique. Mai pas dins una preson ! Coma vesètz, lei chifras, es quauqua ren que fau manipular precaucionosament…
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    ASSAI DE LEXIC OCCITAN DE L'ERAUDICA


    PARLAR D'ERAUDICA EN ÒC



    Estent qu'ai cercat de badas d'obratges tractant en òc d'aquela sciéncia (qu'es una de mei vièlhei passions), ai pitat çò qu'ai poscut trobar dins lo Tresor dóu Felibrige (TdF) de Mistral e siáu anat furnar tanben dins quauquei lexics ò sites especializats dins nòstrei lengas bessonas : catalan, italian, espanhòu, portugués sens oblidar l'anglés qu'es clafit de mots francés, aqueu francés que fuguèt a l'Edat mejana la lenga de l'eraudica (Bibliografia somària en fin de lexic, a la letra V)
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    Veire leis ilustracions dei mots marcats en roge dins l'album fotòs "Lexic eraudic"
    Veire tanben lei tablèus dins l'album Eraud'Òc


    A


    abaissat, ada
    abaissé, e — Qu’es sota sa plaça normala. Faissa abaissada : fasce abaissée. Cap abaissat : chef abaissé (ital. capo abbassato). Esp. abatido, bajado; ital. abbassato; angl. debased, abased.
    abisme, abís  abîme — Ponch centrau de l’escut. Peça en abisme. Sinonim : còr. Cat. abisme, cor; esp. abismo; ital. abisso, cuore.
    abrat adj. allumé — Atribut deis uelhs deis animaus quand son d'un esmaut particular. Ital. acceso, illuminato; esp. encendido; l'anglés ditz simplament the eyes gules per revirar abrat de golas.
    acompanhat, ada  accompagné(e) — Si ditz de la figura màger de l'escut quora l'acompanhan d'autrei pèças mai pichonas. Esp. acompañado, ital. accompagnato, angl. between
    * acorchit, ida alésé(e) — Si ditz dei pèças acorchidas que seis estremitats tòcan pas lo bòrd de l'escut. Esp. recortado; ital. scorciato, angl. couped. (on trouve d'argent à une croix racourcie d'or, d'une part, et trois chevrons couppez d'argent, d'autre part, chez H. de Bara, auteur au 16e siècle d'un Blason des armoiries). Veire alisada
    * acotat, ada adossé, e — Si ditz de doas figuras, generalament identicas, que si viran l'esquina.
    acroselat, ada croisé, e ; en croix — [Nota : dans Nerto, Mistral utilise cet adjectif dans son sens héraldique de sautoir : « …un crucifis / que la doulour espeloufis / emé dos clau acrouselado / souto uno tiaro escrincelado » et le traduit par : « Avec deux clés attachées en sautoir »] Veire crosant, escartairat, bandoliera
    adextrat, ada  adextré, e — Qu'es plaçat a dèstre d'una autra pèça. Esp. adiestrado; ital. addestrato
    afrontats, adas affronté(e)s — Si ditz de doas pèças, lo mai sovent d'animaus, que si regardan. Port. afrontados, ital. affrontati; angl. affronty
    agroat, agroassat, ada accroupi, e — Sinonim d'assetat en parlant d'un animau
    agut, uda
    — Aiguisé, e; qui est taillé(e) en pointe; fiché, e > Crotz dau pè agut : croix au pied fiché. Esp. aguzado. Ital. aguzzo, aguzzato > Croce aguzza.
    aigla aigle (nf) - Esp. águila, ital. aquila, port. águia. Aigla de doas tèstas : Águila bicéfala (esp.) aquila bicipite (ital.), double headed eagle (angl.) : aigle  bicéphale.
    aigleta aiglette (TdF) — Pichoneis aiglas; si ditz de l'aigla se n'i a mai de tres dins l'escut. Ital. aquilotto
    alisat, ada  alésé(e) — Esp. recortado, a. Crotz alisada : croix alésée [> Miquèu Geisler : Crous de Venasco ? in Li Nouvello de Prouvènço n° 132, setèmbre 2006]. Mistral (TdF) donne pour alisca lisser, polir, aplanir, perfectionner. Veire acorchit que revira mai fidelament e mai precisament lo tèrme francés.
    * amaida hamaide. Son tres faissas acorchidas e arrengueiradas sus lo camp - Esp. hamadas; ital. amaidi
    ancra, ancora ancre — Esp.  áncora; ital. ancora.
    ancrat, ancorat, ada  ancré(e) - Si ditz d'una pèça (crotz, aspa ò autra pèça) que seis extremitats retrason una ancora. Crotz ancorada : croix ancrée. Voir Eraud'Òc 12. Esp. ancorada; ital. ancorata.
    anedilha anille, fer de moulin (TdF) — Figura estilizada facha de dos crochets en forma de C que si viran l'esquina, e religats de còp que i a per una pichona barra. Ital. ferro di molino
    anedilhada (crotz --) croix anillée —Crotz que seis extremitats s'acaban amb una anedilha. Voir Eraud'Òc 12. Esp. cruz anillada ; ital. croce mulinata
    anelet annelet — Pichon ceucle (se son dos e mai de dos). Pòdon èstre entrelaçats ò concentrics. De golas a tres anelets d'argent : armas de la comuna de Vaugina (despartament de Vauclusa). Cat. anellet, esp. anulete, anillette; ital. anelletto, angl. annulet.
    anhèu agneau — Pòu èstre siegue passant siegue ajaçat, siegue paissent. Anhèu pascau (agneau pascal) : anhèu, normalament d'argent, que tèn amb la pata dèstra la bandiera (d'argent amb la crotz de golas) dau Crist. Veire feda, moton
    arcvòutat, ada arqué(e); en arc; convexe — Cap arcvòutat : chef voûté. Voir Eraud'Òc 10
    argent argent — Un dei dos metaus (blanc). Cat. e angl., argent, esp. plata, port. prata, ital. argento. De golas au leon d'argent : de gueules au lion d'argent (armariás de la comuna provençala de Brecòda). Veire Eraud'Òc 2
    armat, ada armé(e) ; équipé(e) (per un navire). Ital. armato, angl. armed
    armina, ermina hermine — Cat. erminis, esp. armiño, port. arminhos, ital. ermellino, armellino.
    arrancat, ada arraché, e — Si ditz d'una planta ò d'un aubre que mòstra tot son racinatge, ò d'una tèsta d'animau qu'es pas cepada. Cat. arrencat, esp. arrancado, ital. sradicato > Albero sradicato; angl. > Tree eradicated. Aubre arrancat, tèsta de leon arrancada : arbre arraché, tête de lion arrachée.
    arrestat, ada adj. arrêté, e — Atribut de l'animau de drech sus sei quatre patas, mai que mai en parlant de l'elefant e dau rinoceròs. Ital. arrestato, esp. arrestado, parado.
    aspa
    croix de saint-andré; sautoir — Cat. sautor, sautor ple ; esp. sautuer, aspa ; ital. croce di sant'andrea ; decusse ; port. aspa, sautor ; angl. saltire, st andrew's cross.
    assetat, ada  assis — Si ditz d'un animau assetat de cuòu.  Esp. sentado; ital. seduto
    auçat, ada haussé, e - adj. — Qu'es plaçat mai aut que sa posicion normala : faissa auçada. Crotz latina, ò crotz auçada. Esp. alzado. Ital. alzato. V. crotz (1)
    aur or. — Un dei dos metaus eraudics, de color jauna ò rossèla. Cat. or, esp. et ital. oro ; port. ouro, angl. or. Voir Eraud'Òc 2. Veire tanben a ros.
    azur azur — Un deis esmauts de l’eraudica : blau. Cat. atzur, esp. et port. azul; ital. azzuro, angl. azure. Veire Eraud'Òc 2






    ASSAI - B

    B
    bandoliera (en) en sautoir
    barra barre — Pèça onorabla que travèrsa l’escut despuei l’angle senèstre dau cap fins a l’angle dèstre de la poncha. Sa larjor fa lo terç de l’escut o un pauc mens. Esp. et port. barra; ital. sbarra, angl. bendlet. Veire Eraud'Òc 7
    barrat, ada barré — Si ditz de l’escut o d’una pèça compartit(-ida) dins lo sens de la barra, e dins un nombre par (6 o 8) de partidas egalas d’esmauts alternats. Ital. sbarrato
    baston bâton — Esp. bastón; ital. bastone
    batalhat veire matalhat
    benda
    bande — Pèça onorabla que travèrsa l’escut despuei l’angle dèstre dau cap fins a l’angle senèstre de la poncha. Sa larjor fa lo terç de l’escut o un pauc mens. Esp. et ital. banda, angl. bend. Veire Eraud'Òc 7
    bendat bandé; divisé dans le sens de la bande — Si ditz de l’escut o d’una pèça compartit(-ida) dins lo sens de la benda, e dins un nombre par (6 o 8) de partidas egalas d’esmauts alternats.
    bes, bessa double ; fourchu(e) — Coa bessa : queue fourchue [les anciennes armoiries que Berre reçut de Marie de Blois en 1396 comportaient un lion d'argent à la queue fourchue]
    besant besant — Pichon mòble redond, siegue d'aur, siegue d'argent. D'un autre esmaut es dich tortèu.  Cat. besant, esp. bezante; ital. bisante, angl. bezant. Veire Eraud'Òc 13 e L'armoriau imaginari de Poyyât (AIP 5)
    besantat, ada besanté(e) — Que sa superficia es semenada de besants. Ital. bisantato
    * bilheta proposition pour > billette — Pichona pèça rectangulara, lo mai sovent orizontala. Pòu èstre en benda, en barra ò drecha. D'azur a un còrn subremontat de tres bilhetas arrengueiradas en cap, lo tot d'aur : armas de la comuna de Cabana (Bocas dau Ròse). Cat. billeta, esp. billete, ital. biglietto, plinto, mattone.
    bissa : bisse, serpent [TdF >  couleuvre, à Nice : se torse coume uno bisso : se tordre comme un serpent »] Ital. biscia
    blason blason; armoiries — 1. Ensemble dei reglas, figuras e tèrmes eraudics. 2. Descripcion de l'escut en lengatge eraudic. Si ditz tanben fautiblament per designar l'escut ambé seis armas. Esp. blasón, port. brasão, ital. stemma, armi. Veire Eraud'Òc 1
    blasonament  —  Descripcion d'armariás dins la lenga de l'eraudica. Lo blasonament d'una crotz jauna sus un camp de color roja es : De golas a la crotz d'aur.  Ital. blasone, blasonatura
    blasonar blasonner — Descriure d'armariás dins la lenga de l'eraudica.  Esp. blasonar; ital. blasonare, angl. to blazon
    bordat, ada bordé(e) — Si ditz d'un camp amb una bordadura ò d'una pèça bordada de toi lei costats amb un esmaut diferent. Esp. bordado, ital. bordato.
    bordadura bordure — Pèça onorabla dessenhada per una linha parallèla ai bòrds de l'escut. Cat., esp. e ital. bordura; angl. bordure.
    bosigador, bosigon  groin de porc ou de sanglier; hure
    braç dèstre dextrochère — Braç dèstre dau còrs uman que pòu èstre vestit, de carnacion ò armat. Esp. brazo; ital. destrocherio
    braç senèstre  senestrochère — Braç senèstre dau còrs uman. Veire çai-subre. Ital. sinistrocherio, braccio sinistro
    brisadura — (ital. brisura ; manlèu au fr.) modificacion d’armariás facha per un individù que lei pòu pas portar plenas estent qu’es pas l’ainat ò lo cap  d’armas
    brocant, a
    brochant, e — Esp. brochante, ital. broccante, attraversante, angl. overall. Si ditz d’una pèça plaçada sus d’autrei pèças que si capitan ansin parcialament tapadas. Un escut copat verticalament amb una mitat blava e l'autra roja e un leon jaune de cavaucons sus lo tot es blasonat Partit d'azur e de golas au leon d'aur brocant.
    brocar brocher — Cargar una autra pèça ò una particion.

    ASSAI - C & D

    C

    cabòt nm chabot (TdF) — Peisson amb una gròssa tèsta pausat  montant e en pau .  Ital. gobio [lo fr. es un manlèu a l'ancian occ. cabotz]
    cabra nf chèvre — Es representada barbuda, embanada (se lei banas son d'un esmaut diferent dau rèsta) possuda,  e siegue passanta, aplantada,  drecha sus sei patas posterioras ò cabrada. Ital. capra, esp. cabra
    cabrion nm. chevron — Pèça onorabla facha d'una benda e d'una barra movènt deis angles inferiors de l'escut e que si rescòntran en còr. Cat. xebró, esp. chevrón, chebrón, cabrío; ital. scaglione ; port. cabria, angl. chevron. Veire Eraud'Òc 7
    cabrionat nm. chevronné (TdF) Si ditz de l'escut ò dei figuras compartits en un nombre par de cabrions egaus d'esmauts alternats. — Cat. xebronat, ital. scaglionato
    camp, champ nm champ — Superficia de l'escut. Dau camp : qu'es de la meteissa color que lo camp > D'azur a la faissa d'argent cargada d'una estèla dau camp  = escut blau amb una faissa blanca cargada d'una estèla blua. Cat. camper, esp., ital. et port. campo, angl. field.
    campanha nf champagne — Pèça onorabla de segond òrdre que tapa lo tèrç inferior dau camp — Esp. campaña [campaña diminuida = plaine]; ital. campagna. Veire tanben Eraud'Òc 7
    canton nm  canton — 1. Pèça onorabla de segond òrdre que recuerbe lo noven de la superficia de l'escut. 2. Cadun dei 4 espacis laissats vueges per la crotz ò l'aspa. Esp. cantón; ital. cantone, port. cantão). Canton drech dau cap, de la poncha : canton droit du chef, de la pointe (Esp. cantón diestro del jefe, de la punta. Port. Cantão dextro do chefe, da ponta, etc.)
    cantonat, acantonat adj. cantonné — Si ditz d'una crotz ò d'una aspa acompanhada d'autrei pèças. Esp. cantonado, ital. accantonato, angl. cantonned
    cap nm chef — Pèça onorabla que tèn lo terç superior dau camp. Cat. cap, esp. jefe, port. chefe,  ital. capo; angl.  chief.  Veire Eraud'Òc 7
    capat adj.  et nm chapé, e — Compartit en façon de cabrion que sa poncha monta fins qu'au bòrd superior de l'escut. Cat. capat, ital. cappato. Veire L'armoriau imaginari de Poyyât (AIP 28)
    cap-pau nm chef-pal — Pèça onorabla facha d'un cap amb un pau. Esp. jefe-palo; ital. capo-palo. Veire Eraud'Òc 8
    carboncle, escarbocle nm (TdF) escarboucle. Figura facha de uech rais pometats e floronats amb una esmerauda facultativa au mitan. — Esp. carbunculo; ital. carbonchio > raggio di carbonchio
    cargat, ada adj. chargé. Si ditz dau camp ò d'una pèça que n'en pòrta una autra. — Esp. cargado, port. carregado; ital. caricato
    carnacion nf carnation (TdF). Qu'es de la color de la carn : còrs, caratge, braç — Esp. carnación, port. carnação, ital. carnagione, angl. proper
    carnelat, ada adj. crénelé, e. Si ditz dau bòrd superior d'una pèça que presenta unei carnèus. Faissa carnelada
    carrelat, ada adj. en carré, carrelé(e) ; en échiquier

    carrelet  nm petit carré ; petit cube
    cauçat adj. chaussé — Particion de l'escut que revèrta un triangle movènt dau cap e que s'acaba en poncha. Cat. calçat, ital. calzato, esp. calzado.
    cauquilha nf  coquille (St Jacques ou St Michel) — "Les Beaussier, de Provence, portent dans leur blason trois coquilles d'or, et les Raymond, de Languedoc, cinq coquilles de gueules (TdF, art. couquiho).  Ital. conchiglia (di San Giacomo, ou nicchio), angl. escallop, esp. venera.
    clau nf  clé. — Si presenta generalament en pau amb lei dents (fr. le panneton) vers lo cap e l'anèu vers la  poncha
    clavelat, ada adj. cloué ou clouté, e. Si ditz d'una pèça cargada d'unei clavèus
    clechada adj. cléchée — Que seis extremitats an la forma d'un anèu triangular de clau antica.  Crotz clechada : croix cléchée [cf. Miquèu Geisler : Crous de Venasco ? in Li Nouvello de Prouvènço n° 132, setèmbre 2006] — Esp. cruz clechada
    cledat coladís nm  herse sarrasine
    coard adj. couard — Si ditz mai que mai dau leon qu'a la coa entre lei patas posterioras. Esp. cobarde; ital. codardo. Leon coard : lion couard > león cobarde; leone codardo.
    color nf couleur — Tèrme generic designant leis esmauts : azur, golas, sinòple, sable e porpra. Cat. et esp. color; ital. colore, port. cor, angl. color et stain (pour le tenné et le sanguine). Veire Eraud'Òc 2
    cometa nf comète — Es una estèla de 8 ponchas (5 per d'uneis autors) amb una qu'ondeja vèrs la poncha de l'escut. Pòu èstre en faissa, en benda, en barra. Ital. cometa.
    * cómol, comble nm comble — Cap demesit au tèrç de son autor. Esp. comble, ital. colmo.
    compon nm compon — Pichòta pèça carrada ò rectangulara. Esp. compón, ital. quadretto ò scacco
    componat, ada (adj.) componé, e — Si ditz dei pèças compartidas en pichòts carrats ò rectangles d'esmauts egaus e alternats. Esp. componado
    * contornat adj. contourné — Qu'es de perfieu e virat vèrs senèstre.  Angl. contourned.
    còntra-armina nf contre-hermine — Armina d'argent ò d'aur sus un camp de sable.  Esp. contraarmiño, ital. contrarmellino. Veire Eraud'Òc 3
    còntra-escartairat adj. et nm contre-écartelé — Escartairat que pren plaça dins un dei quartons d'un escut ja escartairat.  Ital. contro-inquartato, esp. contra-esquartelado
    còntra-vaire, còntra-var nm  contrevair — Vaire que lei tieras d'un meteis esmaut si capitan tèsta-poncha. Esp. contra-verados. Veire Eraud'Òc 3
    copat, ada adj. et nm coupé, e — Partejat amb un trach orizontau en doas partidas egalas. Copat au 1 d'aur a la benda d'azur, au 2 de golas au liaupard d'argent (armas de la comuna de Vilalaura, en Vauclusa). Esp. et port. cortado ; ital. troncato, angl. per fess. Veire lei particions
    còr nm cœur — 1. Partida centrala de l'escut. 2. Còr uman. Cat. cor, ital. cuore ou abisso, port. coração ou abismo
    cordurat, ada adj. cousu — Si ditz d'una pèça de color pausada sus un camp de color, ò d'una pèça de metau sus un camp de metau. De golas a la branca d'olivier d'aur de tres brots pausats en pau, benda e barra; au cap cordurat d'azur cargat d'un soleu dau segond : armas de la comuna de Solièrs-Tocàs (Var). Esp. cocido, port. cosido, ital. cucito
    còrn (de caça) nm  cor; huchet — Lei doas extremitats son viradas vers lo cap amb lo bocau a dèstre.  Esp. cuerno de caza; ital. corno di caccia
    corona nf couronne. Es normalament representada amb un floron e dos mieg-florons. La corona a l'antica a cinc ponchas. Ital. corona, angl. crown
    coronat adj. couronné. Si ditz d'una persona, un animau ò un objècte portant corona. Ital. coronato, angl. crowned

    costejat, ada adj. côtoyé, e — Si ditz per la benda ò la barra acompanhada d'autrei pèças. Esp. acostado; ital. accostato, port. ladeado
    *
    cotissa nf cotice — Faissa de l'espessor demesida de tres parts doas. Esp. cotiza; ital. cotissa. Angl. bend > The cotice is a narrow bend. Veire Eraud'Òc 9
    croseta nf croisette — Pichona crotz. Cat. creueta, esp. crucete, ital. crocette.
    crotz nf croix — Pèça onorabla compausada d'una faissa e d'un pau ò d'una benda e d'una barra. Cat. creu, esp. et port. cruz, ital. croce. Crotz de Malta; crotz vuidada, clechada : croix de Malte; croix vidée, cléchée. Crotz de sant AndrieuCrous de sant Andriéu, croix de saint André (X)… t. de blason, sautoir (TdF, art. Andriéu)
    cubert, a adj. couvert, e — Si ditz de la teulissa d'una construccion s'es d'un esmaut diferent. Ital. coperto; esp.  cubierto; angl. roofed.

    D
    dard nm dard (v. matràs). Ital. dardo
    dentat, ada adj. denché, e — Que revèrta lei dents d'una sèrra. Faissa dentada : fasce denchée. Esp. denteado; ital. dentato
    desbrancat, espalancat adj. — ébranché. Si ditz d'un aubre que li an cepat totei sei brancas pròchi lo pètge. Esp. ebrancado
    destrau nf. hache d'armes (TdF) — Esp. acha (de guerra); ital. ascia, ascia d'armi.
    dèstre nm dextre — Es la senèstra de l'escut que regardatz. Esp. diextra; ital. destra, cat. destre, port. dextra, angl. dexter.
    * divisa nf divise. Nom de la faissa demesida d'un terç de sa larjor. Ital. et esp. divisa. Veire Eraud'Òc 9
    donjon nm donjon (TdF) — Esp. homenaje; ital. mastio
    dubert, a
    adj. ouvert(e). Si ditz de la pòrta e dei fenèstras d'una construccion se son d'un esmaut diferent. Port. aberto > Torre d'aur duberta d'azur  > Torre de ouro aberta de azul (port.) Torre d’oro aperta di azzurro (ital.) tower or pierced azure (angl.)

    ASSAI - E

    E

    embanat
    adj. accorné. Si ditz dei banas d'una animau quand son d'un esmaut diferent d'aqueu de la tèsta. Ital. cornato, cornuto; esp. acornado; angl. horned

    embocat adj. embouché — Per lo còrn, si ditz quand lo bocau es d'un autre esmaut. Ital. imboccato
    emborígol nm nombril — Centre de l'escut. Cat. llombrígol, ital. ombilico, port. umbigo
    enclavat nm enclavé. Sinonim de carnelat. Esp. enclavado
    enclavelat, ada adj. cloué(e), clouté(e)
    * engrelat, ada adj. — Engrêlé, e.  Qu'a lo bòrd garnit de dentetas desseparadas per d'entrevaus arredonits. Cat. engrelat, angl. engrailed.
    entat, ada adj. et nm  enté(e). Si ditz de pèças que sei bòrds arredonits son enclavats leis uns dins leis autres. Esp. entado - Entat en poncha : enté en pointe > Esp. entado en punta
    equipolat (TdF > equipoulènt, o, adj.) équipolé — Taulier amb 9 ponchs.  Esp. equipolado, ital. equipollente > punti equipollenti. Veire L'armoriau imaginari de Poyyât (AIP 4)
    eraudic, a (TdF) adj. et nf  héraldique. Que pertòca la sciéncia dau blason —  Esp. heráldic, a ;  ital araldico, a ; port. heráldico, a
    erba de cinc fuelhas nf quintefeuille. Flor estilizada de cinc petalas ponchudas e dau centre traucat. A ges de boton. Cat. quinquefoli, esp. quinquefolio, ital. cinquefoglie, quinfolio ; angl. cinquefoil
    * escacat, escaquejat (proposition pour échiqueté, à partir du mot escacs, échecs) ou escaquier  Veire Eraud'Òc 5 — Cat. escacat, ital. scaccato, esp. ajedrezado (de ajedrez, échecs) ou jaquelado (de jaque, échec).  — Escacat d’aur e de sinòple : échiqueté d’or et de sinople. Cf. Mistral (TdF) au mot escaquié (échiquier) : “Les Vaquières, nobles d’Arles, portaient dans leur blason “l’échiquier d’or et de sable.” Veire taulier
    escaire nm. équerre ou escarre — Bordadura que retrais un escaire desseparant un quartier dau rèsta de l'escut. Esp. escuadra; ital. isquadra
    escàpol nm  verge ou stangue d’une ancre — Si blasona solament s'es d'un esmaut diferent dau rèsta de l'ancora.
    escartairat adj. et nm. écartelé (TdF) — Qu'es partejat en quatre quartiers egaus, siegue en crotz ò en aspa. Cat. quarterat, port. escartelado, ital. inquartato, esp. cuartelado, angl. quarterly Escartairat en crotz, en crotz de Sant Andrieu  ò en aspa (Tdf : en croix, en sautoir) —  Cat. quarterat en creu, en sautor; esp. cuartelado en cruz, en aspa (ò sotuer); ital. inquartato in isquadra, in croce di Sant’Andrea. Port. Franchado ou esquartelado em aspa
    escuçon nm écusson — Pichon escut emplegat coma mòble e plaçat generalament au centre de l'escut. Pòu èstre subre lo tot ò subre lo tot dau tot. Cat. escussó, esp. escusón; ital. scudetto; port. escudete, angl. inescutcheon. Veire Eraud'Òc 7
    escut nm  écu — Superficia que revèrta lo mai sovent un bloquier e onte prenon plaça leis diversei figuras dau blason.  Cat. escut, esp. escudo ; ital. scudo. Veire  Eraud'Òc 1
    esmaut nm  émail — Nom generic dei colors, metaus e pelissas dau blason. Cat. esmalt, esp. esmaldo; ital. smalto ; port. esmalte, angl. tincture. Veire Eraud'Òc 2
    espasa nf épée — Esp. espada; angl. sword, ital. spada > Spada guarnita : épée garnie. La lama, lo pomèu (lo plombèu) la ponhada; lo forrèu(l’estug) : la lame, le pommeau, la poignée, le fourreau. Espasa auta : épée haute, valent a dire amb la poncha vèrs lo daut de l'escut, çò qu'es sa posicion normala e qu'a pas d'èstre blasonat. Ital. spada alta, esp. espada alta, angl. sword the point downwards
    estèla : étoile. Es representada normalament amb 5 ponchas, una dei ponchas orientada vèrs lo daut de l'escut. Veire Eraud'Òc 15. Cat. estrella, it. stella, angl. estoile, mullet. Bèla-Estèla : étoile à 16 rais des Baux (TdF)



    ASSAI - F


    F

    faissa nf  fasce — Pèça onorabla de premier reng delimitada per doas linhas parallèlas que traversan orizontalament tot l'escut. Esp. faja, ital. fascia ; port. et cat. faixa, angl. fess

    faissat, ada adj. et nm. fascé, e (TdF). Que sa superficia es partejada orizontalament en un nombre par de partidas egalas e d'esmauts alternats.  Cat. faixat, angl. barry, ital. fasciato. Faissat d’azur ambé d'argent : fascé d’azur et d'argent
    feda nf brebis. Es totjorn paissenta. La comuna de Flassans (Var) pòrta > De sinòple a una feda paissenta d'aur (De Bresc : Armorial des communes de Provence)Veire anhèu, moton. Ital. pecora
    fenestrat, ada adj. ajouré, e — Si ditz d'una construccion (ostau, una torre, un castèu) que sei fenestras son d'un esmaut diferent ò que laissan veire lo camp qu'es dessota. Ital. finestrato, esp. esclarecido, abierto, angl. pierced. Veire L'armoriau imaginari de Poyyât (AIP 26)
    fermalh nm fermail — Bloca de centura estilizada, amb son dardalhon.  Ital. fermaglio, angl. buckle. Veire fivèla
    fidèla nf  levrette > « Bèu-Caire a ’no fidèlo dins sis armo, Beaucaire porte dans ses armes une levrette, symbole de fidélité. » Mistral (TdF) art. Fidèu
    fielet, fielat nm filet — Pèça fòrça demesida. Esp. filete; ital.  filetto.  Fielets en crotz : filets en croix — Ital. filetto in croce
    figura nf figure; pièce — 1. Caratge uman 2. Nom generic dei pèças ò mòbles de l'escut. Esp., port., ital. figura
    filiera nf. filière — Bordadura demesida. Esp., ital. filiera
    fivèla nf fermail (TdF) — Veire çai-subre fermalh
    flama nf flamme— Es representada amb tres lengas de fuec ondejantas e rojas (de golas). Ital. fiamma, angl. flame
    flanc nm flanc — Partida laterala de l'escut. Cat. flanc, esp. flanco, ital. fianco, angl. flank.
    flancat nm flanqué — Lo flancat en pau ten sus chasque flanc de l'escut lo seisen de sa larjor. D'un sol costat de l'escut, lo tèrç d'aquela larjor. Pòu èstre tanben arredonit.  Esp. flanqueado, ital. fiancato.

    flanquís nm — flanquis (ou flanchis). Croseta de sant Andriu acorchida. Cat. e esp. flanquís
    flordalís nm  fleur de lys — Cat. e esp. flor de lis, ital. fiordaliso, angl. fleur de lis.
    flordalisat adj. fleurdelysé — Amb d'extremitats en flordalís ò semenat de flordalís. Esp. flordelisado; ital. fiordalisato. Crotz flordalisada : croix fleurdelysée > cruz flordelisada, croce fiordalisata. Veire Eraud'Òc 12
    florit, ida adj. — fleuronné(e), fleuré(e). Si ditz dei pèças ò dei particions que sei linhas de contorn son ornadas siegue de florons, siegue de flordalis.  (TdF  flouri, ido > t. de blason, fleuré, ée. Cf. "Chanson de la Croisade contre les Albigeois" tòm I, 130 : Tant grant colp li donè en la targa fluria / Que l'ausberc no li valc una poma porria.). Ital. fiorito, esp. florado, floreteado.
    floron
    nm fleuron — Flor ornant una corona (flordalís ò flor d'api). Cat. floron, ital. fiorone.
    forradura Veire pelissa
    franc-quarton nm. franc-quartier — Pèça carrada plaçada lo mai sovent dins l'angle dèstre de l'escut e que cuerbe lo quart de sa superficia. Cat. franc-quarter, esp. franco cuartel, ital. quarto franco.
    freta nf  frette — Mòble compausat de tres bendas e tres barras acorchidas e entrelissadas. Esp. fretes; celosia
    fretat, ada adj. fretté, e (TdF) — Cargat de fretas ò d'objècts arrengueirats en freta. Esp. celosiado; ital. cancellato
    fruchat, ada adj. fruité, e — Si ditz de la frucha d'un vegetau. Ital. fruttato, fruttifero; esp. frutado; angl. fructed
    fuelha nf feuille. Fuelha retalhada : feuille dentelée. Ital. foglia di sega : feuille de scie

    fulhat, ada adj. feuillé, e — Si ditz d'un vegetau que sei fuelhas son d'un esmaut diferent. Ital. fogliato, frondoso; angl. leaved
    fusada nf fusée — Lausange alongat. Ital. fuso; losanga affusata.
    * fuselat, ada Propos. per revirar lo fr. fuselé, e. Qu'es compartit en fus d'esmauts alternats. Lo fuselat pòu èstre en faissa, en pau, en benda ò en barra. Ital. Fusato > Fusato in fascia, in palo, in banda, in sbarra.



    ASSAI - G

    G

    gemèla
    nf jumelle — Faissa partejada en tres partidas egalas, l'entredos estent de la color dau camp. Si pòu presentar en pau, en benda, en barra, en cabrion, en crotz e mai en aspa. Ital. gemella, esp. gemelas

    giron nm giron (TdF) — Pèça onorabla formada d'un triangle que sa superficia es la mitat dau quartier. Esp. jirón; ital. gherone ; port. girão
    gironat adj. gironné (TdF) — Particion en alas de molin facha de uech girons ò mai. Esp. jironado; ital. gheronato ; port. gironado, angl. gironny. Crotz gironada : croix gironnée > cruz jironada;  croce gheronata.  Veire Eraud'Òc 5
    glòbe nm — Esfèra cintrada e crosetada. Ital. globo imperiale, angl. orb (sinonim > mond).
    golas
    nf gueules -
    (TdF : goulo, terme de blason, mais sans indication précise de couleur). Nom eraudic de la color roja. Cat., esp. et angl. gules, ital. rosso ; port. vermelho. Veire Eraud'Òc 2
    * gringolat adj. gringolé — Qu'a doas tèstas de sèrps a son extremitat, una virada vèrs dèstre, l'autra vèrs senèstre. Crotz gringolada. Esp. cruz gringolada
    gumena nf. gumène (TdF) — Cau d'una ancora. Si blasona solament s'es d'un esmaut diferent dau rèsta de l'ancora. Ital. gomena, esp. cat. gumena



    ASSAI - L

    L

    laïmbert (lambert, limbert) nm. lézard vert. Dins son Armorial des communes de Provence, p. 148 (1856), Louis de Bresc dona per la comuna de Lambert :  D'azur a tres lamberts d'aur amb aquela explicacion "Lambert était avant la Révolution du diocèse et de la viguerie de Digne. Le nom de ce village, en provençal, est Laimber ou Lamber, qui dans cette langue veut dire lézard. Ses armes sont ainsi bien parlantes. "  Veire lesert
    lampassat, ada adj. lampassé, e (TdF) — S'emplega per la lenga d'uneis animaus (leon, leopard, aigla, grifon) s'es d'un esmaut diferent dau rèsta. Port. lampassado, esp. lampasado, ital. lampassato, angl. langued
    lança nf lance – L'enfust de la lança : le bois de la lance (TdF)
    lausange nm losange (fem. dins l'eraud. francesa) — Generalament presentat de drech e sus sa poncha. Unei lausanges pòdon s'acolar. Cat. e esp. losange; ital. losanga
    lausanjat, ada adj. et n. losangé, e — Si ditz de l'escut ò d'una pèça partejats en lausanges d'esmauts alternats. Cat. losanjat, esp. losangeado, ital. losangato, angl. lozengy.  Veire Eraud'Òc 5
    leon (lion) nm  lion —Es figurat normalament de perfieu, virat vèrs dèstre, rampant, valent a dire apielat sus sa pata posteriora drecha, la pata anteriora drecha auçada a respèct de la pata senèstra.  Esp. león; port. leão, ital. leone. Es dich  leon leopardat  quand si capita passant amb tres patas per sòu.  Esp. león leopardado, ital. leone illeopardato.
    leopard nm léopard — Leon passant amb la tèsta de fàcia, la pata anteriora drecha levada e lo floquet de la coa virat vèrs l'exterior. Rampant amb la tèsta de fàcia es dich  leopard lionat. (Ital.) > leopardo illeonito -  (esp.) leopardo leonado - (angl.) lion passant gardant
    lesert nm lézard. Angl. lizard
    ligat adj. lié — Atribut dau còrn de caça. Ital. legatto, allacciato
    limbèu
    nm (TdF) lambel — Pèça facha d'una barra orizontala amb tres, quatre ò cinc pendents rectangulars ò trapezifòrmes. Si plaça en cap de l'escut.  Rians (Var) pòrta d'aur au leon de sable subremontat d'un limbèu a tres pendents de golas. Esp. lambel, ital. lambello, angl. label

    luna nf lune. Luna plena, figurada, e normalament d'argent, çò qu'es pas necit de blasonar. Pòu èstre tanben un simple quarton de luna d'aur. Luna quilhada, luna pendenta : croissant dont les cornes sont dirigées vers le haut, vers le bas (TdF, article luno). Veire miejaluna
    lunèu nm lunel — Son quatre quartons de luna que si fàcian. Cat. llunell, esp. lunel, ital. lunello, angl. four crescents in cross the horns to the centre.



    ASSAI - M

    M

    maça nf (Crotzada) ; masso d'armo (TdF) masse d'armes. Ital. mazza d'arme, angl. mace
    * mascle m. ò f. — Proposition pour mâcle - Es un lausange amb un trauc carrat. Esp. macle. All. masche [étym. *maskila]. L'italien dit losanga forata.
    maçonat, ada adj. maçonné, e (TdF) — 1. Si ditz de la maçonariá dei construccions (pònt, torre, barri…); de blasonar s'es d'un autre esmaut que lo sable. 2. Superficia partejada en rectangles que revèrtan un obratge maçonat. Cat. maçonat, esp. mazonado, ital. murato, mattonato, angl. masoned
    mantelat nm e adj. mantelé, e — 1. Particion facha de doas linhas que montan deis angles de la poncha e si rejonhon au ponch d'onor . — 2. Si ditz d'un animau (can, leon) cargat d'un mantelet. Esp. mantelado, ital. mantellato.
    marreladura nf. espace rayé en échiquier, disposé en quinconce (TdF)
    marrelat, ada adj. en quinconce ; “Cadena marrelada : t. de blason, chaîne mérellée, que l'on voit dans les armoiries des anciens rois de Navarre.” (TdF, art. marello). Veire carrelat
    marrelatge nm disposition en échiquier, en losanges (TdF)
    matalhat, batalhat, ada adj. bataillé(e) — Mataia, matalha : munir d'un battant. Mataia 'no sounaio, mettre un battant à une sonnaille (TdF). Esp. batallado. Ital. battagliato. Euset (Auzet, Aups de Provença Auta) pòrta :  D'aur a una campana d'azur matalhada d'argent,  acompanhada de tres euses.
    matràs nm — Grand javelot ; grand bâton de guerre ; grosse flèche (TdF). Au còntra de la flècha (ò sageta) lo matràs es pas "empenat"
    matrassina nf flèche (TdF)
    mau-ordenat adj. mal-ordonné — Blasonament per tres pèças pausadas "una e doas" au luec d'aver normalament doas pèças en cap e la tresena en poncha. Ital. male ordinati, angl. one and two.
    merleta nf  merlette (TdF) — Aucelon estilizat sèns ges de bèc nimai de patas. Port. merleta; ital. merletto, angl. martlet.
    merletat, ada adj. et n  crénelé, e — Si ditz d'una pèça qu'a lo bòrd superior carnelat coma una torre. Esp. atalayado; ital. merlato  * Merletat reversat : bastillé > ital. merlato rovesciato
    metau nm métal — Nom generic de l'argent (blanc) e mai de l'aur (jaune). En eraudica un camp de metau pòu èstre cargat solament de pèças de color (golas, azur, sinòple, sable). Es la regla dicha de contrarietat deis esmauts.  Esp. et angl. metal; ital. metallo. Veire Eraud'Òc 2
    miejaluna nf croissant (de lune) — Miejaluna quilhada : croissant dont les cornes sont normalement dirigées vers le chef. Miejaluna pendenta : croissant versé (creciente ramberesado ou menguante pour cette figure très employée en hérald. esp.). Angl. crescent
    miralhat (adj.) miraillé (TdF > t. de blason : miraillé, ée [art. miraia]) — Si ditz dei tacas deis alas dau parpalhon ò deis "uelhs" de la coa dau pavon se son d'un esmaut diferent
    mitadat adj. mi-parti (TdF) — Copat qu'es partit dins una de seis particions (de precisar) ò escut partit compausat de dos escuts que se'n vetz que la mitat. Mitadat d'azur e mai d'aur e copat de sinòple: mi-parti d'azur et d'or et coupé de sinople.
    mòble nm — meuble. Nom generic dei figuras (animaus, plantas, objècts) que cargan l'escut; son emplaçament es variable, au rebors dei pèças e dei particions. Cat. moble, esp. mueble.
    mond (monde)
    nm — D'argent a un mond d'azur cintrat e crosetat d'aur : armas de la comuna de Mondragon (Vauclusa). Cat. món, ital. mondo. Veire glòbe.
    mosquetadura
    nm moucheture d'hermine (TdF) — Pichona coa d'armina estilizada. S'es emplegada per mòble, es pas necit de blasonar son esmaut que deu èstre normalament de sable. Port. mosqueta ; ital. moscatura, mosca d'armellino, esp. mosquilla de armiño. Veire Eraud'Òc 3
    moton nm mouton — A ges de banas e es lo mai sovent paissent coma l'anhèu e la feda. Ital. montone
    movent, a adj. mouvant, e — Que sòrt (quasi en entier) d'un trach de particion ò dau bòrd de l'escut.  Esp. moviente, ital. movente